Winona Ryder : les 10 Meilleurs Films de cette grande actrice, à (re)voir absolument

Avant de devenir la star de Stranger Things en 2016, Winona Ryder avait conquis Hollywood dès son adolescence dans les années 90. Retour sur les films clefs d’une icône de son époque.

La carrière de Winona Ryder fait partie des parcours injustes de stars : devenue célèbre dès son adolescence, la jeune actrice s’est rapidement construit une carrière passionnante et a saisi dès qu’elle a pu l’occasion de tourner avec les plus grands, de Tim Burton à Martin Scorsese en passant par Francis Ford Coppola. Avec des récompenses, des nominations et une reconnaissance du public et de la critique, elle s’est très vite imposée comme une perle de sa génération, colorant sa filmographie d’une préférence pour les films de genre et les personnages dramatiques.

Mais la trentaine approchant, l’actrice s’est raréfiée et a enchaîné les rôles plus petits et les films plus modestes. A tel point que son arrivée dans Stranger Things fit office de véritable come-back pour l’idole des années 90, qui a été redécouverte par le public dans l’émouvant rôle de Joyce Byers. Mais alors que la série touche bientôt à sa fin et que l’actrice est annoncée au casting de Beetlejuice 2, il est temps de rappeler les pépites qui ont jalonné sa carrière jusqu’ici.

 

All I do is win-ona

 

Beetlejuice

Sortie : 1988 – Durée : 1h32

 

Beetlejuice : Winona Ryder Michael KeatonCouple goals

 

“Les gens ignorent l’étrange et le bizarre. Je suis moi-même étrange et bizarre.” Avec cette seule réplique, Winona Ryder a su imposer au monde sa personnalité unique, qui a forcément convaincu Tim Burton après son apparition dans le film Lucas. Résultat : en plus d’avoir représenté un look et une attitude qui seront repris plus tard par Jenna Ortega, elle est le centre névralgique inattendu de Beetlejuice.

Face à Geena Davis, Alec Baldwin et surtout Michael Keaton, la jeune actrice est loin de démériter au milieu de la folie créative du cinéaste, qui implique plus que jamais un total lâcher-prise de la part de ses comédiens. Dans le rôle de Lydia, impassible adolescente gothique, elle rayonne par le contraste de son jeu avec celui, beaucoup plus exubérant, de ses partenaires.

Dans ce cartoon fait film, Lydia est peut-être bien la seule adulte, à la fois raisonnée et désabusée, dans ce monde peuplé de grands enfants. Cela n’empêche pas Winona Ryder de participer à la libération burlesque du film (notamment dans cette fameuse scène de lip sync finale), mais elle en constitue surtout l’un des référents émotionnels majeurs. Une sacrée responsabilité, que l’actrice embrasse dans une performance qui a défini le reste de sa carrière.

 

Fatal Games

Sortie : 1989 – Durée : 1h43

 

Fatal Games : photoComme un lundi

 

En 1989, seulement un an après Beetlejuice, Winona Ryder devient l’héroïne du teenage movie par excellence, mais version dark. Après que le “Brat Pack” (un groupe d’acteurs adolescents composés de Molly Ringwald, Emilio Estevez et autres Judd Nelson) ait popularisé plus que jamais les films de campus et de lycée avec The Breakfast Club, Sixteen Candles ou Pretty in Pink, la gothique Ryder s’en fait le pendant sombre auprès de Christian Slater dans Fatal Games, réalisé par Michael Lehmann.

Elle y interprète Veronica Sawyer, le mouton noir d’un groupe de filles de riches toutes nommées Heather, qui méprisent et maltraitent le commun des mortels de leur établissement. Avec le déséquilibré Jason, Veronica va un peu malgré elle se mettre à descendre les Heather une par une. Un film grinçant, drôle, sombre et pop qui va marquer la carrière de Ryder et inspirer des films comme Mean Girls (bien que celui-ci reste beaucoup plus conventionnel).

Fatal Games (ou simplement Heathers en VO) est depuis devenu une comédie musicale à succès, et une série a vu le jour en 2018, bien qu’elle fût annulée au bout d’une saison. L’histoire de Veronica est aujourd’hui culte, et c’est à travers le visage de Winona Ryder qu’elle a marqué sa génération (et les suivantes). La jeune fille d’alors 15 ans s’est d’ailleurs battue pour ce rôle, pour lequel Jennifer Connelly était envisagée. Son agent s’est même mise à genoux pour la supplier de ne pas faire le film, dont elle craignait que l’aspect trop sombre nuise à la carrière de l’actrice. Celle-ci décida tout simplement de changer d’agent et d’accepter le rôle, et heureusement.

 

Edward aux Mains d’Argent

Sortie : 1990 – Durée : 1h45

 

Edward aux mains d'argent : Photo Johnny Depp, Winona RyderAnge & Demon

 

Après une première collaboration pour Beetlejuice, Winona Ryder a été rappelée par Tim Burton pour jouer dans Edward aux mains d’argent, alors même que Drew Barrymore avait son rôle en ligne de mire. C’est donc Winona Ryder qui a été l’une des premières à rejoindre le casting pour interpréter le second rôle féminin, Kim, l’adolescente dont le Edward de Johnny Depp (qui était à cette époque son petit ami) tombe amoureux.

Même s’il n’est pas omniprésent (on voit d’ailleurs la jeune Kim en photo bien avant son retour en ville), son personnage est central étant donné que c’est celui qui guide toute la narration. C’est donc elle, grimmée en dame âgée, qui ouvre et referme cette fable gothique, le réalisateur lui ayant ainsi confié la majeure partie de la charge émotionnelle du scénario. Kim est aussi et surtout un rôle à contre-emploi pour la jeune Winona Ryder par rapport à ces précédentes performances, en particulier dans Beetlejuice.

Avec sa longue perruque blonde, ses joues fardées, son romantisme et ses jolies robes colorées, elle prend l’allure d’une poupée angélique, loin de l’image punk et rebelle qu’on lui connaissait jusque-là et qui était plus fidèle à sa véritable personnalité. Mais là encore, cette enveloppe parfaite qui s’oppose en tout points à celle d’Edward n’est qu’un vernis destiné à craqueller. A la fin, ses cheveux son ebourrifés, sa robe blanche est maculée de sang tandis qu’elle tient une des “mains” d’Edward dans la sienne, pour bien symboliser cette romance contrariée.

 

Dracula

Sortie : 1993 – Durée : 2h08

 

Dracula : photo, Winona Ryder“Cher Francis, donne-moi le rôle d’une vie, stp. Bisous”

 

Bien adapter Dracula n’est pas chose aisée, et la vision de Francis Ford Coppola n’en semble que plus virtuose avec le temps. Au-delà de sa performance, l’importance de Winona Ryder dans cette réussite n’est pas à sous-estimer. En grande fan du roman de Bram Stoker, elle s’est jetée sur le scénario de James V. Hart dès 1990, alors pensé pour être transposé en téléfilm.

C’est donc l’actrice qui s’est tournée vers Coppola avec le script, après avoir dû abandonner le rôle de Mary Corleone dans Le Parrain 3. Le reste appartient à l’histoire du cinéma. Le personnage de Mina Harker est évidemment parfait pour la comédienne, dont le teint pâle et le regard innocent matérialisent les fantasmes du Comte Dracula. Winona Ryder s’accapare toute la sensualité de cette femme tentée par l’interdit, et embrasse sa descente aux enfers romantique.

Dans la danse lyrique et ouvertement kitsch de la mise en scène, elle est totalement en phase avec l’esprit du roman et de cette adaptation outrancière, toute en couleurs, formes improbables et costumes extravagants. Si l’actrice garde aujourd’hui un assez mauvais souvenir du tournage et une opinion mitigée sur le film, en partie à cause de la manière de travailler de Coppola qui ne lui convenait pas, force est de constater qu’il s’agit de l’un de ses plus grands rôles.

 

Le Temps de l’Innocence

Sortie : 1993 – Durée : 2h19

 

Le Temps de l'innocence : photo, Winona RyderParle à ma main

 

En 1993, alors qu’elle a à peine plus de vingt ans, Winona Ryder réalise l’un de ses rêves : celui de tourner sous la direction de Martin Scorcese. Celui qu’elle considère comme le plus grand des réalisateurs lui offre le second rôle de May Welland dans Le Temps de l’innocence, un drame en costumes adapté du roman d’Edith Wharton, dans lequel Daniel Day-Lewis et Michelle Pfeiffer tiennent le haut de l’affiche.

Incarnant ce personnage délicat et touchant de la fin du XIXe avec une grande maturité, elle est encensée par la critique et est à elle seule responsable de nombreuses distinctions reçues par le film : entre nominations et récompenses en cascade, elle remporte notamment le Golden Globe de la meilleure actrice dans un second rôle.

Achevant de l’ériger en parfaite jeune première de films historiques, Le Temps de l’Innocence est une pierre angulaire de son parcours d’actrice affirmant ses choix et sachant se faire remarquer de cinéastes reconnus. En 1998, elle fera d’ailleurs partie du jury du Festival de Cannes présidé par Scorsese. En 1996, elle retrouvera son partenaire de jeu Daniel Day-Lewis pour La Chasse aux Sorcières

 

Les Quatre Filles du Docteur March

Sortie : 1994 – Durée : 1h55

 

Les quatre filles du docteur March : photo, Winona Ryder, Susan Sarandon, Claire Danes, Trini Alvarado, Kirsten DunstLe film de Noël ultime

 

Cela faisait 12 ans que la réalisatrice Gillian Armstrong et la productrice Denise Di Novi cherchaient à monter Les quatre filles du docteur March, adaptation du célèbre roman de Louisa May Alcott. Considéré comme un projet ne permettant pas d’attirer un public masculin à cause de ses nombreux personnages de femmes, le film ne réussit à se financer que lorsque Winona Ryder, devenue la star incontournable des années 90, accepta d’incarner le personnage principal, la fameuse Jo March (auparavant incarnée au cinéma par June Allyson et Katharine Hepburn).

C’est également la jeune actrice qui insista pour qu’un Christian Bale de 20 ans, habitué des productions confidentielles après que le grand public l’a découvert dans Empire du Soleil en 1987, incarne Laurie, le charmant voisin des March. Au casting, figurent aussi Susan Sarandon, Kirsten Dunst encore enfant, Gabriel Byrne, Claire Danes, Trini Alvarado, Eric Stoltz… En somme un concentré des talents de l’époque, au milieu desquels Ryder tire parfaitement son épingle du jeu, étant d’ailleurs nominée à l’Oscar de la Meilleure Actrice cette année-là.

Cette interprétation du roman reste aujourd’hui une référence en la matière, portée certes par son casting exceptionnel, mais aussi par la mise en scène de Gillian Armstrong, la musique de Thomas Newman, la photographie de Geoffrey Simpson et les costumes de Colleen Atwood. Le film est dédié à Polly Klaas, une adolescente américaine assassinée dont Ryder a suivi l’affaire de près, et dont le livre de chevet était Les Quatre Filles du Docteur March.

 

La Chasse aux Sorcières

Sortie : 1996 – Durée : 2h

 

La Chasse aux sorcières : photoSacrées sorcières

 

C’est l’un des meilleurs films oubliés dans la carrière de Winona Ryder, en partie parce qu’il a été un bide en salles à sa sortie. Adapté de la pièce d’Arthur Miller, le passionnant La Chasse aux sorcières est à la croisée des chemins, entre le film de procès, le thriller et le drame amoureux, sur fond de paranoïa et psychose collective (d’où le titre français, très explicite comparé au titre original : The Crucible, qui signifie l’épreuve, le test).

Winona Ryder incarne un personnage particulièrement machiavélique. Folle amoureuse d’un homme marié (incarné par Daniel Day-Lewis) et prête à tout pour l’avoir, elle embarque un groupe de jeunes filles dans un délire de faux diable et vraie supercherie. De mensonge en mensonge, ce procès pour sorcellerie devient un cirque tragique, qui fait imploser une petite communauté.

Comme tous les vrais monstres, cette héroïne manipulatrice aux allures d’ingénue a plusieurs visages. Et Winona Ryder les incarne à merveille, particulièrement dans des scènes de fausse possession fantastiques au cœur du procès. Rien que pour ces moments terrifiants et fascinants (une actrice qui joue une femme, laquelle joue également un rôle), La Chasse aux sorcières mérite plus d’attention.

 

Alien, la résurrection

Sortie : 1997 – Durée : 1h44

 

 

Winona Ryder n’est pas juste l’androïde d’Alien, la résurrection. C’est aussi le seul personnage de la saga Alien à avoir véritablement partagé l’affiche (littéralement) avec Ripley, et c’est avec elle que l’héroïne incarnée par Sigourney Weaver restera éternellement, vu la fin ouverte de ce quatrième film réalisé par Jean-Pierre Jeunet (version cinéma : elles arrivent sur Terre ; version longue : elles sont face à Paris dévastée).

Après Ash et Bishop, Call continue la tradition des androïdes dans la saga Alien. Mais Alien 4 creuse la question avec intelligence : tandis que la clone Ripley a perdu son humanité, le robot Call est intimement lié aux êtres humains. Elles ont tous les deux été créées, c’est donc inscrit dans leurs gènes artificiels, mais c’est une manière fascinante de gommer les frontières entre les humains et les monstres, le bien et le mal. Call devient ainsi le plus humain des personnages, alors qu’elle est la seule qui n’a rien d’humain.

A l’échelle d’un tel blockbuster, Winona Ryder a peu de place pour exister, surtout face à Sigourney Weaver. Mais elle s’en sort avec les honneurs, notamment dans les scènes dérangeantes, étranges et sensuelles entre Call et Ripley au début du film. Et c’est d’autant plus fort que l’actrice a tourné la mémorable séquence sous-marine alors qu’elle était terrifiée par l’eau, après avoir failli se noyer enfant.

 

Une Vie Volée

Sortie : 2000 – Durée : 2h07

 

Une vie volée : photo, Winona RyderUn Oscar volé (non)

 

Une vie volée n’était pas un simple film de plus pour Winona Ryder. Tombée amoureuse du livre de Susanna Kaysen, elle s’est associée au producteur Doug Wick (qui avait acheté les droits juste avant qu’elle n’essaye elle-même) pour développer l’adaptation pendant 7 ans. Elle savait pertinemment que le rôle très convoité de Lisa allait attirer l’attention et potentiellement amener aux Oscars – bingo, Oscar du meilleur second rôle pour Angelina Jolie. Mais Winona Ryder aimait celui, moins flamboyant, de Susanna.

Trop vite réduit à un “Vol au‐dessus d’un nid de coucou avec des femmes“, Une vie volée est pourtant bien plus que ça. En articulant son récit autour d’une âme tourmentée par ses doutes, ses pulsions et ses incertitudes, le film réalisé par James Mangold dessine un magnifique portrait de femme(s). Parce que Susanna s’écrit surtout par rapport aux autres patientes, chacune reflétant quelque chose d’elle-même, comme une galerie des glaces.

Entourée d’actrices fantastiques (Angelina Jolie donc, mais aussi Clea DuVall, Angela Bettis, Elisabeth Moss, Brittany Murphy Whoopi Goldberg et Vanessa Redgrave), Winona Ryder est parfaite du début à la fin. Incontestablement l’un de ses plus beaux rôles.

 

Black Swan

Sortie : 2011 – Durée : 1h43

Black Swan : photo, Winona RyderLa détresse en un seul regard, un seul geste et sourire forcé

 

Il peut paraître étrange d’inclure Black Swan dans cette sélection, tant Winona Ryder y occupe un rôle mineur. Pour autant, il n’a rien d’anecdotique dans le scénario, au contraire. Winona Ryder incarne Beth MacIntyre, une danseuse étoile de renom qui est poussée vers la porte de sortie à l’approche de ses 40 ans. Elle est à la fois tout ce que Nina, la protagoniste de Natalie Portman, rêve et redoute d’être, celle qui cristalise toutes ses envies et ses peurs. La déchéance de Beth, son amertume et sa détresse renvoient de fait à celles de Nina, celle qui a pris sa place sous la lumière et la rejoint vers les ténèbres.

Elle est introduite ivre et insultante, avant d’être réduite à un corps inerte dans un lit d’hôpital, le visage tuméfié et les jambes fracturées (comme on aurait brisé les ailes d’un oiseau), jusqu’à ce qu’elle se mutile le visage et s’attaque symboliquement à cette perfection qu’on ne lui reconnait plus. Mais tout ça dépasse la simple fiction. De la même façon que le réalisateur Darren Aronofsky a tendu un miroir à Mickey Rourke dans The Wrestler, le rôle de Winona Ryder dans Black Swan semble être un écho à la carrière chancelante (pour ne pas dire chaotique) de l’actrice au début des années 2000.

Si ce n’est pas le rôle qui l’a remise sur le devant de la scène, contrairement à Mickey Rourke en 2008, celui-ci résonne parfaitement avec son parcours : freiné brusquement, malmené par l’industrie puis éclipsé au profit d’une nouvelle génération. Alors oui, elle et son personnage n’ont que quelque minutes de temps d’écran, mais ces quelques minutes sont terriblement lourdes de sens.

 

BONUS : Night on Earth

Sortie : 1991 – Durée : 2h08

 

Night on Earth : photo, Winona RyderWinona Ride

 

C’est un bonus parce que Night on Earth est un film à sketches de Jim Jarmusch, où Winona Ryder n’est donc qu’une tranche de vie parmi les autres. Mais elle est la première à apparaître, et c’est l’un des rôles les plus croustillants : une chauffeur de taxi qui fume comme un pompier et jure comme une poissonnière, et qui emmène une directrice de casting (incarnée par Gena Rowlands) de l’aéroport à Bervely Hills.

A priori, ce n’est qu’une petite rencontre anecdotique entre une bourgeoise made in Hollywood et une prolétaire désagréable. Mais la conclusion de ce morceau, drôle et lourde de sens, donne tout son sens à ces 20 minutes passées dans les rues nocturnes de Los Angeles. Et c’est une parfaite manière de remettre l’ego du cinéma à sa place, dans la vraie vie des vrais gens.

Clope au bec, chewing-gum en bouche et annuaire sous les fesses : Winona Ryder installe d’emblée ce personnage un peu vulgaire, un peu gauche, et finalement très touchant dans sa candeur féroce. C’est le petit plaisir bonus d’un film un peu oublié.

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Winona Ryder : les 10 Meilleurs Films de cette grande actrice, à (re)voir absolument